Petite visite de la routine au bout de deux semaines. L'emploi du temps est en place et s'acharne à régler ma vie comme il règle la votre, avec 7h d'avance.
Oser parler de routine au bout de deux semaines, c'est peut-être un peu fort et à mettre sur le compte du décalage linguistique, c'est faire une impasse odieuse sur ma sortie avec des Taiwanais et des Japonais dans une pizzeria par exemple. Comme prévu, les Taiwanais semblent bien entichés aux passions japonaises, l'une des plus amusantes (et des plus visibles du coup) est la sortie au restaurant "européen". L'idée y est, le truc c'est qu'on change tout le reste : service à l'asiatique, décors improbables, pizza banane-chocolat et bières hors de prix ! Un détour par ce genre de décalage n'a effectivement pas de prix, à quelques mètres du MRT (métro de Taipei, très souvent aérien) on se perd dans un ensemble d'entrepôts reconvertis en restaurants chics (dont un avec tours de magie au service !)... le Cour St Emilion avec une végétation nettement plus importante.
Moi aussi je commence à faire partie du décor, du moins à faire acte de présence dans mes interactions sociales avec la population. Si mes oreilles et mes mains continuent de se coordonner pour établir la communication avec les autochtones, il en va heureusement de même avec mon sens de l'orientation. J'arrive à peu près à repérer mon quartier et ses alentours ainsi qu'à me familiariser avec les bus. Environ 3h de bus (aller-retour) chaque jour pour aller bosser, mais pas encore lassé, je m'émerveille de chaque détail que j'arrive à lorgner tout au long du voyage. Il vaudrait mieux que je profite de cette innoncence, elle sera éphémère comme toutes les innoncences, avant de rejoindre les rangs de ceux qui bavent en dormant au bord des vitres défiant alors les lois de la physique qui sont durement établies par le chauffeur dont le pied est clairement en conflit avec la pédale de frein. La conduite frénétique des chauffeurs reste amusante autant que généralisée. Tous ces moments de bonheur pour moins d'un euro par jour de transports en commun.
Vendredi étant cependant loin de la routine pour les Taiwanais. La commémoration du 2-28 est quelque chose que j'ai appris en arrivant, un flagrant manque de préparation de ma part. Le 28 février (28-2, nous Français seuls au monde à présenter les dates ainsi) 1947 fut un terrible jour de répression pour les intellectuels (et les civils également, déjà dans les années 1940 on n'était pas militariste par altruisme) qui s'opposaient au régime nationaliste des continentaux qui récupéraient le pouvoir après le départ des Japonais. En ce 28 février la population s'était soulevée contre un régime militariste corrompu, et dès ce jour elle endura 40 ans de loi martiale et l'amputation d'une bonne partie de l'élite intellectuelle... Seulement 50 ans plus tard, en 1997, un musée commémoratif est établi et le parc qui accueillait la radio japonaise devient le "228 Peace Park" dans lequel tous les 28 février les indépendantistes viennent manifester avec leur drapeaux "Indépendance", "Fin de la tyrannie continentale" ou encore "Terminons le sino-centrisme", un défilé de couleurs au profit d'un hymne au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes au pied d'un monument où reposent les cendres des martyrs.
Taiwan est, à l'image de ce parc 228, l'archipel des mémoires confrontant en permanence souvenirs de la colonisation japonaise dont l'héritage reste un sujet de déchirements et ravivant le débat fondamental sur l'indépendance du pays ou son attachement au statut de "République de Chine". Si l'Histoire est souvent expliquée comme un "chantier en construction permanente", dont l'actualité est également très vive avec la modification en ce moment des manuels d'histoire taiwanais, les mémoires sont comme des champs de bataille : impensables sans le passé, ils sont nécessairement les ruisseaux d'un avenir mouvementé.
Infos, photos et réflexions en tout genre de la part de votre dévoué.
lundi 3 mars 2014
mercredi 19 février 2014
Recherche, Identités, Abusé
Chers tous,
Bien arrivé à Taipei après une aventure aérienne à la hauteur de mon dégout pour les monstres d'acier volants.
Premier et certainement permanent sera le choc linguistique. Contrairement au Japon où j'arrivais à peu près à faire le malin vers la fin du séjour, ici je suis le touriste permanent : l'oncle Sam me tient par la gorge et je dois forcer les pauvres autochtones à un langage qui ne leur semble guère agréable ! Qu'importe, il est toujours bon de recevoir un choc communicationnel même si celui-ci devra me maintenir à une place que je n'ai jamais envié : devoir faire de bêtes sourires en guise de bonjour et de merci car voici finalement l'étendu de mes capacités en langue chinoise.
Pour autant j'ai la chance d'avoir misé sur le bon archipel, les Japonais sont nombreux ici et la culture japonaise (aussi bien les mall que les chaînes de restaurations type "Yoshinoya" ou "Mos Burger") emplit le paysage ou du moins j'en subis l'illusion... on s’agrippe à ce qui ne lâche pas.
D'ailleurs à ma grande surprise, les Français sont les deuxième plus nombreux en échange à Soochow University... après les Japonais (si on ne compte pas les Chinois "continentaux" bien évidemment qui "franchissent le détroit"). L'accueil qui nous a été réservé était plus que formidable, il y a de quoi se sentir à l'aise très rapidement. J'ai également été accueilli par un professeur de science politique du genre très francophile et j'ai déjà l'impression que mon travail va se dérouler dans d'excellentes conditions.
Pour terminer une petite liste des alentours :
- le voisin d'en face tente apparemment de tuer les oiseaux avec son fusil
- la Taiwan Beer est vraiment très accessible, d'ailleurs mes repas coûtent en moyenne 3€
- j'ai parlé des transports ? 25ct € le bus et 50ct € le métro...
- le même amour que les Japonais pour la langue française qui se balade sur les enseignes
- les gadgets version MIB qui vibrent quant ta commande au guichet du restaurant est prête
- la pluie
- les montagnes vertes
- la pluie
- mon nom chinois est composé des caractères "Ours" et "Allemagne"
- ma carte de transport s'appelle la "Easy Card"
- mon numéro de téléphone commence par 09
- le seul cours que je vais suivre à la fac est en Français
- on m'a invité dans une église avec un prospectus montrant une cascade
- la géopolitique c'est cool
- j'habite à côté d'un stade de baseball, sport préféré des Taiwanais
- les Chinois répondent au téléphone en disant "ouaaaaaaaaaaais"
- la pluie
Voilà pour ma première semaine, demain je retrouve mon directeur de mémoire et le vrai boulot aura, comme moi, droit à son opération Overlord.
Je vous embrasse tous.
L'album photo -------->
Bien arrivé à Taipei après une aventure aérienne à la hauteur de mon dégout pour les monstres d'acier volants.
Premier et certainement permanent sera le choc linguistique. Contrairement au Japon où j'arrivais à peu près à faire le malin vers la fin du séjour, ici je suis le touriste permanent : l'oncle Sam me tient par la gorge et je dois forcer les pauvres autochtones à un langage qui ne leur semble guère agréable ! Qu'importe, il est toujours bon de recevoir un choc communicationnel même si celui-ci devra me maintenir à une place que je n'ai jamais envié : devoir faire de bêtes sourires en guise de bonjour et de merci car voici finalement l'étendu de mes capacités en langue chinoise.
Pour autant j'ai la chance d'avoir misé sur le bon archipel, les Japonais sont nombreux ici et la culture japonaise (aussi bien les mall que les chaînes de restaurations type "Yoshinoya" ou "Mos Burger") emplit le paysage ou du moins j'en subis l'illusion... on s’agrippe à ce qui ne lâche pas.
D'ailleurs à ma grande surprise, les Français sont les deuxième plus nombreux en échange à Soochow University... après les Japonais (si on ne compte pas les Chinois "continentaux" bien évidemment qui "franchissent le détroit"). L'accueil qui nous a été réservé était plus que formidable, il y a de quoi se sentir à l'aise très rapidement. J'ai également été accueilli par un professeur de science politique du genre très francophile et j'ai déjà l'impression que mon travail va se dérouler dans d'excellentes conditions.
Pour terminer une petite liste des alentours :
- le voisin d'en face tente apparemment de tuer les oiseaux avec son fusil
- la Taiwan Beer est vraiment très accessible, d'ailleurs mes repas coûtent en moyenne 3€
- j'ai parlé des transports ? 25ct € le bus et 50ct € le métro...
- le même amour que les Japonais pour la langue française qui se balade sur les enseignes
- les gadgets version MIB qui vibrent quant ta commande au guichet du restaurant est prête
- la pluie
- les montagnes vertes
- la pluie
- mon nom chinois est composé des caractères "Ours" et "Allemagne"
- ma carte de transport s'appelle la "Easy Card"
- mon numéro de téléphone commence par 09
- le seul cours que je vais suivre à la fac est en Français
- on m'a invité dans une église avec un prospectus montrant une cascade
- la géopolitique c'est cool
- j'habite à côté d'un stade de baseball, sport préféré des Taiwanais
- les Chinois répondent au téléphone en disant "ouaaaaaaaaaaais"
- la pluie
Voilà pour ma première semaine, demain je retrouve mon directeur de mémoire et le vrai boulot aura, comme moi, droit à son opération Overlord.
Je vous embrasse tous.
L'album photo -------->
jeudi 10 mai 2012
Tout recommencer - Hanami
Hanami, littéralement "regarder les fleurs" est cette semaine du début avril où l'on peut voir les cerisiers fleurir.
Les Japonais sont particulièrement sensibles à ce moment, même si d'autres n'y vont plus, et aiment ce réunir pour pique-niquer (avec du saké) sous ces arbres, témoins de leur hardeur depuis les Momijis d'automne. L'occasion de tous se retrouver, de se trouver du "courage" (ganbaru) en voyant les cerisiers fleurir au moment de la rentrée (en avril pour les Japonais) est avant tout le symbole du printemps japonais.
C'est un de ces petits moments trop rares dans une année, ce qui ressemble à une simple sortie au parc en France est ici une institution et la foule dans tous les plus beaux coins (Arashiyama, château d'Osaka, Kyoto) en témoigne évidemment.
C'était donc un petit bout de culture vivante, un moment japonais, si japonais que d'imaginer des gens observer des fleurs : fragilité, contemplation et ivresse sont les clés de ce recommencement... permanent ?
Les Japonais sont particulièrement sensibles à ce moment, même si d'autres n'y vont plus, et aiment ce réunir pour pique-niquer (avec du saké) sous ces arbres, témoins de leur hardeur depuis les Momijis d'automne. L'occasion de tous se retrouver, de se trouver du "courage" (ganbaru) en voyant les cerisiers fleurir au moment de la rentrée (en avril pour les Japonais) est avant tout le symbole du printemps japonais.
C'est un de ces petits moments trop rares dans une année, ce qui ressemble à une simple sortie au parc en France est ici une institution et la foule dans tous les plus beaux coins (Arashiyama, château d'Osaka, Kyoto) en témoigne évidemment.
C'était donc un petit bout de culture vivante, un moment japonais, si japonais que d'imaginer des gens observer des fleurs : fragilité, contemplation et ivresse sont les clés de ce recommencement... permanent ?
vendredi 20 avril 2012
Made in China - Mars 2012
J'ai pu expérimenter. Déjà c'est la première fois qu'on m'accueille dans un bureau de douane en prenant ma température avec un petit laser pointé sur le front. Après que le type me fasse un "ok" très convaincu, j'avance et regarde le raffiot qui va nous acheminer dans notre croisière de luxe.
Grand périple passé par delà la mer de Chine. Un voyage exténuant de deux jours sur un raffiot qui nous avait accueilli par un pingouin en train de réparer le plafonnier à coups de poing. Les guirlandes rétro, le dortoir à même le sol, la bouffe dégueu, à peine les avions-nous quitté que la Chine nous accueillait à son tour dans un parking.
Sortie du parking qui sert d'arrivé au bateau, le décalage est rapide. Shanghai c'est encore moins beau que les villes japonaises, déja dénuées de charme, et les immeubles résidentiels en chantier forment l'horizon le plus courant. Sûr que le dynamisme de la ville impressionne, à peine un marécage 30 auparavant, elle ne cesse de grandir aujourd'hui et ça se sent. La Chine court partout, les Chinois eux courent après les affaires. Toujours en train d'affairer, de traficoter, de marchander, d'arnaquer, de bosser, ils regorgent d'ambition pour faire de l'argent.
La première sensation c'est la saleté, nous mêmes qui n'avions pu nous laver dans le bateau étions exemplaires, car les Japonais en font un drame. Et effectivement, voir les gens laver le riz dans des bassines sur un trottoir avec le tuyau d'arrosage coloré par la crasse, voir les vêtements en train de sécher suspendus à toutes sortes de câbles voir des fois sur des arbres n'importe où, c'est déroutant quand on sort du Japon. L'air est immonde, particulièrement à Pékin, d'ailleurs on peut rapidement s'en rendre compte en voyant les Chinois prendre de superbes aspirations contrôlés avant de relâcher le plus beau des glaviots, là encore n'importe où...
Si la liberté devait perdre un jour son sens, c'est ici. Elle y prédomine justement, on se sent libre tant qu'on a les moyens de la préserver (et nous petits blancs en avons les moyens !!), pour autant c'est une drôle d'anarchie qui règne. Les Chinois font tout et n'importe quoi, ce qui leur passe par la tête comme nous a dit notre ami qui vit ici. Imaginons l'anarchie désorganisée. Les voitures qui crament le rouge, les piétons qui marchent n'importe où, les taxis sans ceinture de sécurité, les coiffeurs à même la rue qui font asseoir leur client sur un siège de bureau, les fake, les flics qui n'arrêtent pas les chauffards, les mecs qui roulent sans casque sur des scooters réparés au scotch; nous avons même été les témoins du désossement instantané d'un de ces scooters en plein milieu de la route... Première puissance économique du monde ? La Chine j'y ai vu une jungle surprenante.
Shanghai n'est pas une ville particulièrement intéressante. On y fait de l'argent, beaucoup à voir le standing des différents bars et restaurants. C'est la ville coupée en deux : les Chinois et les expats. Les premiers vivent dans la merde, les deuxièmes sont là pour l'argent et peuvent vivre entre le Bund (la balade qui fait face aux quartier d'affaires) et la place Renmin (où nous avons nous mêmes fumés une chicha à bas prix mais pour un standing inaccessible en France). Atmosphère clairement tournée vers le "faites ce que pouvez dans ce monde mais faîtes de l'argent" en somme, stupéfaits par les prix : manger très copieusement pour 10euros, prendre le métro pour 20 ct, acheter des chaussures à 9euros etc. Pour autant, la ville cache quelques temples (trop rare) mais réellement impressionnants quand ils ne sont pas parsemés de petits troubles propre au soin du détail chinois : câbles électriques qui sortent d'un plafond de bois, interrupteur dans une cour intérieure, borne de métro à l'entrée des musées etc. Le plus magique, car réelle découverte, est le temple confucianiste. Jardin géant tourné vers le philosophe, apaisant, où les arbres abritent de petits messages de vœux le tout dans la mélodie des oiseaux chantant.
La gare de Shanghai, immense, titanesque. Le train qui nous emmène à Pékin en 5h à 300km/h nous fait voir un petit bout de la campagne chinoise. Effrayant. Pollué tel que l'on ne voit pas l'horizon, villes fantômes, taudis en brique agglutinés surmontés par des bâtiments gris officiels dominés eux par le drapeau rouge.
D'ailleurs la couleur qui me revient en pensant à Pékin c'est le rouge.
Le rouge des murs des temples comme le rouge de Tian An Men. Les splendeurs de Pékin sont incomparables, temple du ciel, palais d'été, cité interdite, muraille de Chine. Les photos en diront plus que je ne peux en écrire.
Un pays où l'on ne peut se retrouver par hasard. Vivre auprès des Chinois peut parfois causer de petits troubles, pour autant l'atmosphère de jungle urbaine qui règne à Shanghai et Pékin m'a laissé un grand souvenir et j'y ai compris d'autant plus intensément l'originalité du Japon. Un épopée touristique inhabituelle de toute évidence.
Grand périple passé par delà la mer de Chine. Un voyage exténuant de deux jours sur un raffiot qui nous avait accueilli par un pingouin en train de réparer le plafonnier à coups de poing. Les guirlandes rétro, le dortoir à même le sol, la bouffe dégueu, à peine les avions-nous quitté que la Chine nous accueillait à son tour dans un parking.
Sortie du parking qui sert d'arrivé au bateau, le décalage est rapide. Shanghai c'est encore moins beau que les villes japonaises, déja dénuées de charme, et les immeubles résidentiels en chantier forment l'horizon le plus courant. Sûr que le dynamisme de la ville impressionne, à peine un marécage 30 auparavant, elle ne cesse de grandir aujourd'hui et ça se sent. La Chine court partout, les Chinois eux courent après les affaires. Toujours en train d'affairer, de traficoter, de marchander, d'arnaquer, de bosser, ils regorgent d'ambition pour faire de l'argent.
La première sensation c'est la saleté, nous mêmes qui n'avions pu nous laver dans le bateau étions exemplaires, car les Japonais en font un drame. Et effectivement, voir les gens laver le riz dans des bassines sur un trottoir avec le tuyau d'arrosage coloré par la crasse, voir les vêtements en train de sécher suspendus à toutes sortes de câbles voir des fois sur des arbres n'importe où, c'est déroutant quand on sort du Japon. L'air est immonde, particulièrement à Pékin, d'ailleurs on peut rapidement s'en rendre compte en voyant les Chinois prendre de superbes aspirations contrôlés avant de relâcher le plus beau des glaviots, là encore n'importe où...
Si la liberté devait perdre un jour son sens, c'est ici. Elle y prédomine justement, on se sent libre tant qu'on a les moyens de la préserver (et nous petits blancs en avons les moyens !!), pour autant c'est une drôle d'anarchie qui règne. Les Chinois font tout et n'importe quoi, ce qui leur passe par la tête comme nous a dit notre ami qui vit ici. Imaginons l'anarchie désorganisée. Les voitures qui crament le rouge, les piétons qui marchent n'importe où, les taxis sans ceinture de sécurité, les coiffeurs à même la rue qui font asseoir leur client sur un siège de bureau, les fake, les flics qui n'arrêtent pas les chauffards, les mecs qui roulent sans casque sur des scooters réparés au scotch; nous avons même été les témoins du désossement instantané d'un de ces scooters en plein milieu de la route... Première puissance économique du monde ? La Chine j'y ai vu une jungle surprenante.
Shanghai n'est pas une ville particulièrement intéressante. On y fait de l'argent, beaucoup à voir le standing des différents bars et restaurants. C'est la ville coupée en deux : les Chinois et les expats. Les premiers vivent dans la merde, les deuxièmes sont là pour l'argent et peuvent vivre entre le Bund (la balade qui fait face aux quartier d'affaires) et la place Renmin (où nous avons nous mêmes fumés une chicha à bas prix mais pour un standing inaccessible en France). Atmosphère clairement tournée vers le "faites ce que pouvez dans ce monde mais faîtes de l'argent" en somme, stupéfaits par les prix : manger très copieusement pour 10euros, prendre le métro pour 20 ct, acheter des chaussures à 9euros etc. Pour autant, la ville cache quelques temples (trop rare) mais réellement impressionnants quand ils ne sont pas parsemés de petits troubles propre au soin du détail chinois : câbles électriques qui sortent d'un plafond de bois, interrupteur dans une cour intérieure, borne de métro à l'entrée des musées etc. Le plus magique, car réelle découverte, est le temple confucianiste. Jardin géant tourné vers le philosophe, apaisant, où les arbres abritent de petits messages de vœux le tout dans la mélodie des oiseaux chantant.
La gare de Shanghai, immense, titanesque. Le train qui nous emmène à Pékin en 5h à 300km/h nous fait voir un petit bout de la campagne chinoise. Effrayant. Pollué tel que l'on ne voit pas l'horizon, villes fantômes, taudis en brique agglutinés surmontés par des bâtiments gris officiels dominés eux par le drapeau rouge.
D'ailleurs la couleur qui me revient en pensant à Pékin c'est le rouge.
Le rouge des murs des temples comme le rouge de Tian An Men. Les splendeurs de Pékin sont incomparables, temple du ciel, palais d'été, cité interdite, muraille de Chine. Les photos en diront plus que je ne peux en écrire.
Un pays où l'on ne peut se retrouver par hasard. Vivre auprès des Chinois peut parfois causer de petits troubles, pour autant l'atmosphère de jungle urbaine qui règne à Shanghai et Pékin m'a laissé un grand souvenir et j'y ai compris d'autant plus intensément l'originalité du Japon. Un épopée touristique inhabituelle de toute évidence.
lundi 12 mars 2012
Les Sumos ou la cérémonie du Rien
Le Japon est la contemplation du paradoxal. Ce qui est paranormal aux yeux du Français devient paradoxal quand je me transforme en observateur.
Les Japonais cultivent le goût, volontairement ou non, des paradoxes. Il vivent sous les ravages d'une nature difficile, depuis toujours faite de tsunamis, typhons, séismes, éruptions et se régalent des plus petites délicatesses des sens. Ils aiment la fragilité, la finesse, l'inodore, le blanc, le pur, le neutre. Ils créent les mangas, expriment leurs folies, rêvent de violence, conçoivent des robots pendant qu'ils raffolent des histoires d'amour à l'eau de rose, font passer la paix, la contemplation et la conciliation avant tout le reste. Comment les résumer ?
En ce onze mars la terre a tremblée. Elle a tremblée l'année dernière et cette année à l'occasion du tournoi de sumo d'Osaka auquel j'ai assisté. Les deux se sont encore rejoints lors du mokuto, la minute de silence.
Les Japonais cultivent le goût, volontairement ou non, des paradoxes. Il vivent sous les ravages d'une nature difficile, depuis toujours faite de tsunamis, typhons, séismes, éruptions et se régalent des plus petites délicatesses des sens. Ils aiment la fragilité, la finesse, l'inodore, le blanc, le pur, le neutre. Ils créent les mangas, expriment leurs folies, rêvent de violence, conçoivent des robots pendant qu'ils raffolent des histoires d'amour à l'eau de rose, font passer la paix, la contemplation et la conciliation avant tout le reste. Comment les résumer ?
En ce onze mars la terre a tremblée. Elle a tremblée l'année dernière et cette année à l'occasion du tournoi de sumo d'Osaka auquel j'ai assisté. Les deux se sont encore rejoints lors du mokuto, la minute de silence.
Si le pays du paradoxe devait avoir un sport national, beaucoup moins populaire qu'avant c'est sûr, c'est le sumo.
Le sumo, basiquement, imaginez deux masses qui se rentrent dedans dans un affrontement qui ne dépassera jamais les 15 secondes. J'ai dit basiquement puisqu'on dénombre 70 techniques de prises, que le néophyte aura bien du mal à reconnaître.
Un combat se termine lorsque l'un des adversaires sort du cercle ou touche le sol avec autre chose que ses pieds... C'est l'éphémère, l'instant fragile et en même temps la violence des coups et du choc. L'aléatoire décide de tout, le fatalisme s'impose mais pas sans subir la lutte de l'entraînement, des règles, du sacrifice. Un sport à l'image de son pays en somme.
Même si les Japonais rechignent un peu à voir autant d'étrangers maintenant champions de leur sport, celui-ci n'en est en rien altéré. Les sumos, ou rikishi, sont toujours très considérés, c'est un choix de vie très strict, pour lequel on sacrifie tout. La beauté de ce sacrifice est un arrière-fond important pour les Japonais je pense, qui ont souvent respecté cette image.
J'ai dit un sport à l'image de son pays, c'est aussi le cas dans son origine : légendaire. La fondation du Japon est légendaire et aucun Japonais ne songerait à remettre brutalement en cause l'idée que l'Empereur descend d'une lignée divine qui remonte à la création mystique de l'archipel.
Takemikazuchi, une divinité, aurait remporté un combat de sumo et ainsi établit le règne des Japonais sur leur nouvelle terre. Le sport en lui même, au delà de la légende, est très ancien et remonte sûrement au 8ème siècle, dans lequel les combats servent de rituels pour les dieux.
On retrouve bien sûr ce côté frappant sur l'arène, le dohyo, qui est un sanctuaire shinto suspendu au dessus de la tête des combattants.
On retrouve bien sûr ce côté frappant sur l'arène, le dohyo, qui est un sanctuaire shinto suspendu au dessus de la tête des combattants.
Les sumos sont divisés dans des séries de classement, dont le recensement ancestral (le banzuke) est un art de la calligraphie. Le numéro un des sumos est le Yokozuna, qui, même s'il perd un combat ne perd pas son titre. C'est à lui de savoir quand il doit renoncer à son titre, sous peine d'apparaître ridicule, un autre ressort du caractère Japonais de la responsabilisation et de l'auto-contrainte.
Le combat en lui-même n'est rien sans la cérémonie qui le précède. C'est donc cette cérémonie du Rien qui fait exister le combat comme un Tout. Presque inexistante dans les faibles niveaux de qualification, elle devient une part primordiale de l'affrontement au fur et à mesure que le niveau monte. Les compétitions se tiennent 6 fois par an et dure deux semaines. Chaque jour, un rikishi fait un combat, et la journée commence tôt le matin pour finir le soir avec le combat du Yokozuna. Les combats de la première division nous offrent le spectacle d'une cérémonie de préparation de plusieurs minutes. Les combattants se toisent, se lèvent, fléchissent, font des aller-retours, s'échauffent, le tout parfois sous les encouragements délirants de la foule qui hurle, applaudit, crie du "ganbare" (courage) à tout-va. Les sumos observent le rite shinto de purification et, lorsqu'il en ont le "pouvoir" (c'est-à-dire à haut niveau), purifie le ring en balançant des poignées de sel, une phase appelée le shiomaki. Une drôle d'ambiance qui mêle des témoignages de fair-play, des intimidations dans un duel psychologique que le livret de présentation évoque comme une "guerre froide" ! Cette étape décisive et très appréciée du combat autrefois d'une durée indéfinie, est aujourd'hui limitée par des règles.
Effectivement, chaque guerre a ses arbitres. Le combat des rikishi est arbitré par le gyoji, qui porte un chapeau noir ressemblant à la coiffe des prêtres shinto, et surveillé par cinq juges qui seuls peuvent décider de recommencer le combat en cas d'incertitude. Ces arbitres, aussi, suivent un classement et sont d'ailleurs presque autant important que les combattants. Avant le combat, le gyoji appelle le rikishi par un chant inimitable qui fait écho aux noms particuliers des combattants qui se doivent d'avoir des consonnances poétiques ; pendant le combat, il encourage les combattants en criant constamment quelque chose que je n'ai pas compris et à la fin il désigne offciellement le vainqueur en prononçant des paroles, une fois de plus mystérieuses.
J'ai essayé d'expliquer sans trop de détails techniques, dont je suis ignorant, ce sport. Une légende, reflet du Japon, mystérieux, dont le sens m'a souvent échappé. En voyant les Japonais fous, gueulant, applaudissant à des moments où le Rien atteint son apogée, j'ai été conquis. Même en y mettant du mien, c'est le paranormal qui l'emporte sur le paradoxal. C'est pourquoi j'aime les Japonais, dont les apparentes cérémonies ne révèlent rien d'une nature en apparence portée à aimer l'absence mais qui à sa manière comprend tout. Face à autant de certitudes, dans un pays apparemment clos et idyllique, où situer la fragilité ? Elle est de mon côté.
Si les Japonais aiment tant les apparences et les cérémonies, cette image n'est-elle pas elle même une apparence en même temps qu'une cérémonie de mystification, celle qui me laissera pour toujours ignorant rêveur ?
samedi 10 mars 2012
"Aujourd'hui, il faut être triste"
Ce week-end, c'est mokutou (commémoration) du séisme du 11 mars. Le silence doit être observé par les Japonais, quelques fois pendant 5-10 min.
"Aujourd'hui on ne peut pas être content" me disait un petit garçon.
Suivi du 12 mars, le grand rassemblement contre le nucléaire. Après les larmes, c'est l'heure du "demo" (demonstration = manif).
"Aujourd'hui on ne peut pas être content" me disait un petit garçon.
Suivi du 12 mars, le grand rassemblement contre le nucléaire. Après les larmes, c'est l'heure du "demo" (demonstration = manif).
samedi 3 mars 2012
Le jour qui vit naître les princesses
Aujourd'hui trois mars, 03-03, c'est le Hina Matsuri. La fête des petites filles. En écho de ce jour, il y a le cinq mai, 05-05, qui est le Kodomo no hi (fête des enfants). En réalité, la fête des petits garçons. Fête que j'aurai l'occasion de vous raconter le moment venu.
Chaque maison qui voit naître une fille respecte une vieille tradition en installant pendant une semaine le nanadan, "nana" pour sept, en gros un escalier de sept marches. Ces septs marches recouvertes d'un tapis rouge accueillent des rangées de poupées dont la composition représente le mariage de l'empereur et de l'impératrice. Hina-sama étant l'impératrice (qui peut aussi vouloir dire "princesse") placée tout en haut à côté du Tenno (empereur) dans sa tenue traditionnelle.
Les poupées sont mises chaque année sur le nanadan, qui se transmet de générations en générations, s'achète très rarement étant donnée sa très haute valeur. J'ai d'ailleurs eu de la chance d'avoir chez moi le plus impressionnant, la plupart des Japonais se contentant des deux poupées du couple Empereur et Impératrice. On mange le riz sushi, une fois de plus associé aux matsuri (fêtes) surveillé par toutes ces poupées, qui font peur aux petits enfants de par leur présence dominatrice.
L'impératrice veille donc sur la fille de la maison, la protégeant et lui offrant le spectacle de la grâce impériale. Oui les petites Japonaises seront toutes leur vie des princesses.
Une cendrillon qui se serait vendue elle-même l'enchantement, il faut impérativement ranger les poupées le soir du trois mars sinon la fille ne pourra pas se marier !
L'impératrice veille donc sur la fille de la maison, la protégeant et lui offrant le spectacle de la grâce impériale. Oui les petites Japonaises seront toutes leur vie des princesses.
Une cendrillon qui se serait vendue elle-même l'enchantement, il faut impérativement ranger les poupées le soir du trois mars sinon la fille ne pourra pas se marier !
lundi 27 février 2012
Butsu à ciel ouvert - Kamakura
Butsu c'est bouddha en Japonais et c'est bien ce qu'on était venu voir !
Pendant le séjour à Tokyo, on s'est dit qu'une journée hors de ce monde de fou valait bien une petite remise à zéro. Ca faisait longtemps que je voulais le voir ce grand bouddha de mes yeux, vu cela est fait.
Ce merveilleux endroit, caché au milieu des montagnes, une fois que l'on a dépassé Yokohama, c'est-à-dire presque la civilisation (!) offre un surprenant regard. On tombe sur une petite ville de bord de mer, sensible aux tsunamis, pourtant tranquille et qui respire de ses nombreux temples.
Un petit îlot, une autre ancienne capitale du Japon, que j'ai trouvé particulièrement sensible et émouvant. Résistant de par le temps, fragile dans l'instant.
Pendant le séjour à Tokyo, on s'est dit qu'une journée hors de ce monde de fou valait bien une petite remise à zéro. Ca faisait longtemps que je voulais le voir ce grand bouddha de mes yeux, vu cela est fait.
Ce merveilleux endroit, caché au milieu des montagnes, une fois que l'on a dépassé Yokohama, c'est-à-dire presque la civilisation (!) offre un surprenant regard. On tombe sur une petite ville de bord de mer, sensible aux tsunamis, pourtant tranquille et qui respire de ses nombreux temples.
Un petit îlot, une autre ancienne capitale du Japon, que j'ai trouvé particulièrement sensible et émouvant. Résistant de par le temps, fragile dans l'instant.
jeudi 16 février 2012
TOKYO
La voilà, la plus grande ville du monde. Arrivés à 5h30, en pleine nuit au milieu des tours qui clignotent.
En fait, c'est le monde dans le monde. Le nouveau monde n'est plus une ville mais une bulle atmosphérique. A l'image bien évidemment du Japon, Tokyo est bien sûr à part, comme coupée, retranchée sans tranchées. Chaque centre majeur de la ville abrite une ambiance, un monde, des jours sans nuits et des nuits qui se ressemblent comme le jour. Quatre jours dans cet univers parallèle et trois nuits dans une capsule.
Fourmillez dans les couloirs de Shinjuku, guettés par les observateurs du ciel. Shinjuku c'est déjà deux mondes séparés par un chemin de fer. Le côté Business, avec les grattes-ciel, la mairie, les costards qui se rendent d'un bureau à l'autre dans les grandes galeries couvertes, dans lesquelles s'entassent les affaires des sans abris, qui mènent à la gare, . L'autre c'est les Izakaya, restaurants, bars, magasins : des clôtures allumées qui brillent jour comme nuit.
En fait, c'est le monde dans le monde. Le nouveau monde n'est plus une ville mais une bulle atmosphérique. A l'image bien évidemment du Japon, Tokyo est bien sûr à part, comme coupée, retranchée sans tranchées. Chaque centre majeur de la ville abrite une ambiance, un monde, des jours sans nuits et des nuits qui se ressemblent comme le jour. Quatre jours dans cet univers parallèle et trois nuits dans une capsule.
Fourmillez dans les couloirs de Shinjuku, guettés par les observateurs du ciel. Shinjuku c'est déjà deux mondes séparés par un chemin de fer. Le côté Business, avec les grattes-ciel, la mairie, les costards qui se rendent d'un bureau à l'autre dans les grandes galeries couvertes, dans lesquelles s'entassent les affaires des sans abris, qui mènent à la gare, . L'autre c'est les Izakaya, restaurants, bars, magasins : des clôtures allumées qui brillent jour comme nuit.
Parlant de folie, elle est parfois visible comme à Ikebokuro, où des masses de gens qui ne vont nul part s'amassent dans un petit coin d'avenue piétonne où crie les pachinkos. Constamment encombré, cher, que faire à Ikebokuro , peut-être comme le reste de Tokyo : regarder.
Asakusa c'est pagode et porte-clés. Une avenue piétonne, impressionnante à tout point de vue, enserrée par des petites boutiques de souvenirs : yukata, porte-clés, statuettes, katana etc. Celle-ci est enfermée entre une magnifique porte et un immense temple dont le rouge tranche avec le paysage alentours de buildings gris.
Harajuku c'est encore un monde coupé en deux mondes. On peut passer des Champs-Élysées locaux, une grande avenue de luxe à la petite rue encombrée où l'on s'est fait spécialité des t-shirt délirants. Une ambiance très agréable.
Toujours aussi surprenante, Harajuku est voisine du Meiji-Jingu, le sanctuaire qui honore l'esprit de l'Empereur Meiji, celui qui a ouvert le pays et l'occidentalisation avec. On rentre dans une forêt qui a effectivement force de sanctuaire, dès la grande porte que les gens franchissent en s'inclinant, la rangée de Saké (pour les dieux) qui fait face à celle de vins français (don au sanctuaire). Etrange endroit qui fait oublier le reste.
Roppongi est difficile à évaluer, pas mal de restaurants, la plaine qui donne vue sur la tour de Tokyo, le Hard-Rock café. Surement moins marrant le jour que la nuit.
Ginza, c'est New-York. De grandes avenues avec de larges trottoirs (chose très rare au Japon) où les grands noms s'enchaînent. Un quartier entouré d'autres petits coins cachés qu'on ne peut résumer.
Pour ce qui est des cachettes, le mieux reste Akihabara, ou Akiba, la Mecque des geeks. On y trouve tout ce qu'on veut dès qu'il y a une diode impliquée. Gameboys, super-nintendo, PS3, appareil photos, cables, PC etc. Un monde dédié à l'enfance mais traité avec sérieux tant par la qualité que l'abondance du matériel. Un des quartiers les plus originaux de Tokyo et de l'image Japonnaiserie qu'on s'en fait.
L'album photo -------->![]() |
dimanche 5 février 2012
Retour progressif sur le mois de Janvier
En rentrant à Osaka, après mon nouvel an Tokyoite, j'ai découvert dans ma chambre le kagami mochi, qui est un gateau de riz (mochi) posé sur une feuille de fougère et surmonté d'une petite orange. Ce petit édifice était déposé dans toute la maison pendant la période du nouvel an. Ça m'a rappelé à quel point les Japonais vivent le nouvel an comme une ambiance, faisant écho à notre noël. Les commerces sont tous décorés, ainsi que les maisons et les magasins diffusent la musique qu'on entend traditionnellement au nouvel an...que je ne pourrai pas décrire.
Le mois de Janvier, à part la petite semaine d'examens, c'était avant tout mes premières vacances.
Le nouvel an donc que je vais rapidement expliquer, une petite visite à Nipponbashi et Yodobashi Camera (le quartier électronique d'Osaka) et quelques jours intensifs à Tokyo avec mon compatriote.
Tout cela suivra donc.
La première chose qui marque à propos du nouvel an c'est "Osechi", autrement dit la "cuisine du nouvel an". Difficile à décrire avec des mots, même en y regardant de près. Un assemblage de couleurs, de formes, de choses différentes. "La cuisine japonaise est avant tout quelque chose qui se regarde".
Avant le osechi, c'est-à-dire le soir du 31, on mange les soba (nouilles) et quelques sushis (ça dépend des familles). Les sobas c'est la forme pure de l'opposé de la cuisine en France, c'est fin (très), c'est inodore, sans couleurs, fait à partir de quasiment rien et ça n'existe pas sans la sauce dans laquelle on les trempe avant de
bruyamment (par politesse) les manger. Ces nouilles signifient, si j'ai bien compris, qu'on a plus de problèmes avec ses dettes.
Une fois l'eau qui a servie à la cuisson des soba recueillie, on peut s'en servir avec le saké pour boire du Nigori, un alcool vraiment spécial donc.
Pas vraiment délicieuse, un peu étrange avant tout, la cuisine osechi se déguste le matin du 1er Janvier avec un verre de saké. J'étais aussi surpris de voir que mes amis se couchaient assez tôt, bien alcoolisés, sans même attendre minuit.
Le matin du premier donc après avoir dit à tout le monde "akemashite omedeto gozaimasu, kotoshi mo yoroshiku onegaishimasu" qui est l'équivalent de notre "bonne année", on boit donc ensemble le saké après avoir trinqué comme des rois.

Traditionnellement, le soir du 31 tout le monde va au temple le plus proche mais ce n'était pas mon cas.
Le nouvel an japonais étant l'équivalent de noël, il se passe en famille, les enfants y reçoivent leur argent de poche annuel et l'on dépose un encens pour les ancêtres de la maison le matin du 1er.
Bref, le nouvel an est une fois encore l'occasion pour les Japonais de renvoyer l'illusion d'homogénéité habituelle, il y a une belle "ambiance oshogatsu" (nouvel an) que tout le monde semble vivre de la même manière.
Autre preuve que les Japonais ont des rites ensemble, coordonnés même, comme les nombreuses fêtes shinto ou simplement traditionnelles.
Récemment, le 3 Février, c'était le Setsubun qui marque le début du printemps. On y mange des haricots (mame) et chasse les démons de la maison en souhaitant la bonne chance pour cette année en disant "oni wa soto, fuku wa uchi". Les Japonais ont aussi banalisé leurs rites puisque pour cet exemple les démons sont joués par les enfants sur lesquels on doit jeter les haricots et que c'est un prétexte pour manger des sushis.
Le mois de Janvier, à part la petite semaine d'examens, c'était avant tout mes premières vacances.
Le nouvel an donc que je vais rapidement expliquer, une petite visite à Nipponbashi et Yodobashi Camera (le quartier électronique d'Osaka) et quelques jours intensifs à Tokyo avec mon compatriote.
Tout cela suivra donc.
La première chose qui marque à propos du nouvel an c'est "Osechi", autrement dit la "cuisine du nouvel an". Difficile à décrire avec des mots, même en y regardant de près. Un assemblage de couleurs, de formes, de choses différentes. "La cuisine japonaise est avant tout quelque chose qui se regarde".
Avant le osechi, c'est-à-dire le soir du 31, on mange les soba (nouilles) et quelques sushis (ça dépend des familles). Les sobas c'est la forme pure de l'opposé de la cuisine en France, c'est fin (très), c'est inodore, sans couleurs, fait à partir de quasiment rien et ça n'existe pas sans la sauce dans laquelle on les trempe avant de
bruyamment (par politesse) les manger. Ces nouilles signifient, si j'ai bien compris, qu'on a plus de problèmes avec ses dettes. Une fois l'eau qui a servie à la cuisson des soba recueillie, on peut s'en servir avec le saké pour boire du Nigori, un alcool vraiment spécial donc.
Pas vraiment délicieuse, un peu étrange avant tout, la cuisine osechi se déguste le matin du 1er Janvier avec un verre de saké. J'étais aussi surpris de voir que mes amis se couchaient assez tôt, bien alcoolisés, sans même attendre minuit.
Le matin du premier donc après avoir dit à tout le monde "akemashite omedeto gozaimasu, kotoshi mo yoroshiku onegaishimasu" qui est l'équivalent de notre "bonne année", on boit donc ensemble le saké après avoir trinqué comme des rois.

Traditionnellement, le soir du 31 tout le monde va au temple le plus proche mais ce n'était pas mon cas.
Le nouvel an japonais étant l'équivalent de noël, il se passe en famille, les enfants y reçoivent leur argent de poche annuel et l'on dépose un encens pour les ancêtres de la maison le matin du 1er.
Bref, le nouvel an est une fois encore l'occasion pour les Japonais de renvoyer l'illusion d'homogénéité habituelle, il y a une belle "ambiance oshogatsu" (nouvel an) que tout le monde semble vivre de la même manière.
Autre preuve que les Japonais ont des rites ensemble, coordonnés même, comme les nombreuses fêtes shinto ou simplement traditionnelles.
Récemment, le 3 Février, c'était le Setsubun qui marque le début du printemps. On y mange des haricots (mame) et chasse les démons de la maison en souhaitant la bonne chance pour cette année en disant "oni wa soto, fuku wa uchi". Les Japonais ont aussi banalisé leurs rites puisque pour cet exemple les démons sont joués par les enfants sur lesquels on doit jeter les haricots et que c'est un prétexte pour manger des sushis.
Le Grand Retour
J'entame bientôt le mois scolaire intensif que sera Février. Pas pressé de quitter les vacances même si règne un léger désoeuvrement. J'ai bien profité de mes deux voyages en Janvier que j'essaierai de raconter au mieux.
A quand l'illumination que me promet l'affiche de Dieu pour son école de langues ? Cette illumination linguistique viendra peut-être en affrontant le mois de Février, je n'espère que ça. Le temps est revenu de se retrousser les manches.
A quand l'illumination que me promet l'affiche de Dieu pour son école de langues ? Cette illumination linguistique viendra peut-être en affrontant le mois de Février, je n'espère que ça. Le temps est revenu de se retrousser les manches.
samedi 24 décembre 2011
Réjouissance de Noël
Je ne vais pas souhaiter un joyeux noël sur ce blog (parce que ça craint). Je me contenterai donc de vous dire que les jeunes Japonaises n'ont pas du tout la même idée que moi du concept "vêtement d'hiver"... et que ça ne me dérange pas.
Mon deuxième seuil fatidique approche, la nouvelle année, qui me propulse en 2012 et surtout vers de longues vacances qui ne feront qu'accélérer ce séjour. Comment imaginer une fin si proche ? Elle l'est sans l'être. Je préfère banaliser Noël pour me concentrer sur mon nouvel an de Tokyo qui risque d'être fantastique... ne serait-ce que pour les retrouvailles.
Enfin bon, joyeuses fêtes à tout ceux qui liront cette ligne !
Mon deuxième seuil fatidique approche, la nouvelle année, qui me propulse en 2012 et surtout vers de longues vacances qui ne feront qu'accélérer ce séjour. Comment imaginer une fin si proche ? Elle l'est sans l'être. Je préfère banaliser Noël pour me concentrer sur mon nouvel an de Tokyo qui risque d'être fantastique... ne serait-ce que pour les retrouvailles.
Enfin bon, joyeuses fêtes à tout ceux qui liront cette ligne !
mercredi 21 décembre 2011
La TV, Episode 1 : Variety
Un exemple simple des programmes de divertissements de la TV "variety" en japonais. J'ai oublié le nom du programme, mais le thème est hallucinant ; Une espèce de scientifique déguisé en colon du 19ème observe avec son assistante des daims qui doivent remplir des missions.
Dans celle-là, des mecs déguisés en daims doivent attraper des bananes hors d'atteinte et sans utiliser leurs mains... D'ailleurs dans tous les épisodes, ils ne doivent jamais utiliser leur mains... A ajouter aux petits cris qu'ils utilisent pour communiquer. Et quand ils meurent, leurs seins explosent...
Ya juste à regarder.
Dans celle-là, des mecs déguisés en daims doivent attraper des bananes hors d'atteinte et sans utiliser leurs mains... D'ailleurs dans tous les épisodes, ils ne doivent jamais utiliser leur mains... A ajouter aux petits cris qu'ils utilisent pour communiquer. Et quand ils meurent, leurs seins explosent...
Ya juste à regarder.
lundi 19 décembre 2011
S'offrir en offrant
Dans quels genre de moments les Français s'offrent-ils des cadeaux ? Noël ? St Valentin ? Anniversaire ?
Tout cela les Japonais le font bien sûr, mais il y a une autre sorte de cadeau. Première aspect, c'est une petite chose, quelque chose d'insignifiant à première vue (qui se mange en général), dont on disait autrefois en le donnant "tsumaranai koto" (= quelque chose d'ennuyeux, banal).
Ensuite, ce petit cadeau se fait généralement entre amis et sans occasion particulière.
En très résumé ce cadeau japonais, souvenir d'une visite de telle ville appréciée ou simplement un petit quelque chose que l'on veut faire découvrir. Ensuite, j'ai remarqué l'importance de l'emballage, avec des choses que l'on m'avait déjà expliqué avant, tout fait sens.
L'emballage du cadeau est presque plus important que le cadeau lui même. Originellement, celui qui reçoit le cadeau ne l'ouvre pas devant celui qui l'a offert, du coup on peut-être au moins sûr de faire plaisir, tout en cachant, avec du beau papier ou autre. Aujourd'hui, l'importance du "kawaii" (mignon) est telle qu'un cadeau doit aussi l'être, c'est donc un papier à petit motif, une petite corbeille ou tout ce qui peut être mignon pour les Japonais. La "valeur" du cadeau est finalement améliorée par un bel emballage (un peu comme en France).
L'emballage du cadeau est presque plus important que le cadeau lui même. Originellement, celui qui reçoit le cadeau ne l'ouvre pas devant celui qui l'a offert, du coup on peut-être au moins sûr de faire plaisir, tout en cachant, avec du beau papier ou autre. Aujourd'hui, l'importance du "kawaii" (mignon) est telle qu'un cadeau doit aussi l'être, c'est donc un papier à petit motif, une petite corbeille ou tout ce qui peut être mignon pour les Japonais. La "valeur" du cadeau est finalement améliorée par un bel emballage (un peu comme en France).
De là à voir l'obsession du "service au cadeau", le pas à franchir est très amusant. Noël oblige, je me suis mis en quête de cadeaux à offrir à certains de mes hôtes. Premier essai, un "centre de cadeaux" au dernier étage d'un deepato (department store = équivalent de nos grands centres commerciaux). Quelques rayons, des dames en tablier nous font goûter les produits qui sont dans les boites. On se promène en scrutant les prix (qui varient de 30 à 130€) des seto (set) proposant soit du chocolat, des parfums, des bières, des produits cosmétiques, du vin, des spécialités de la région, du thé raffiné etc. Après avoir pris un ticket, on attends, puis on parle avec le conseiller cadeau qui s'apprête à expédier le cadeau à l'heureux destinataire ; C'est donc là que mon histoire s'arrête car j'ai dû expliquer que je voulais "juste" acheter un cadeau, l'emmener et partir avec. Du coup, on m'a fait doublé d'autres personnes, tout en s'excusant on m'a fait goûter des produits dans des boites que je pouvais acheter directement. J'ai choisis, la dernière étape avant de payer fut de choisir l'emballage : on m'en a proposé trois différents.
Comme tous les cadeaux, le cadeau au Japon "engage" la personne qui l'offre (à des degrés d'importance variables) d'une part en offrant un emballage soigneusement choisi, d'autre part en offrant quelque chose que l'on a également choisi de partager. Le cadeau, comme ailleurs, "engage" aussi le receveur à un jour le "rendre" sous une forme peut-être différente.
Autre exemple pour le soin à choisir l'emballage. Dans un autre depaato, je voulais acheter du papier cadeau pour emballer les merveilles de France que j'ai reçu la semaine dernière. Alors je demande du "papier pour cadeau", sûrement avec les mauvais mots car on ne me comprend pas tout de suite, puis on me conduit dans le rayon. Deux rouleaux de papiers différents mais une belle variété de petits sacs, de rubans, de scotchs colorés, de sacs en toiles à motifs, d'autocollants pour sceller les paquets et j'oublie d'autres choses encore.
Autre exemple pour le soin à choisir l'emballage. Dans un autre depaato, je voulais acheter du papier cadeau pour emballer les merveilles de France que j'ai reçu la semaine dernière. Alors je demande du "papier pour cadeau", sûrement avec les mauvais mots car on ne me comprend pas tout de suite, puis on me conduit dans le rayon. Deux rouleaux de papiers différents mais une belle variété de petits sacs, de rubans, de scotchs colorés, de sacs en toiles à motifs, d'autocollants pour sceller les paquets et j'oublie d'autres choses encore.
En fait ce qui m'a vraiment marqué dans les cadeaux japonais, c'est bêtement l'importance qu'on leur accorde, le plaisir que les Japonais ont à recevoir les cadeaux (à relier à leur côté enfantillage) qu'ils "doivent" (ou devaient) se garder d'ouvrir faisant alors monter l'euphorie du cadeau, et donc "l'engagement" du donneur. D'ailleurs, après avoir dégusté le cadeau, si on leur dit "c'était super bon", ils répondent souvent "yokatta" (= tant mieux ou alors je suis soulagé, "ouf"). Et encore je n'ai vu que les cadeaux entre amis, j'imagine que cet engagement est encore plus visible lorsque l'employé offre un cadeau à son patron ou l'élève à son professeur.
Les Japonais, que l'on regarde souvent comme des travailleurs insensibles, méthodiques, fourmis qui s'organisent ou mieux excentriques du robot sont en fait d'une sensibilité particulièrement forte et déploient un éventail incroyable d'attentions lorsqu'il s'agit des cadeaux. D'où le petit jeu de mot, quand je vois un Japonais s'offrir en offrant.
La photo est un petit cadeau que m'a offert ma correspondante. Le matcha (une confiserie au thé vert, spécialité de Kyoto) est emballé dans un papier blanc, lui même emballé dans un papier vert, les deux contenus dans une petite corbeille, elle enroulée dans un petit mot, la corbeille placée au fond du sac blanc.
lundi 12 décembre 2011
Venu de France
J'ai reçu mon colis !
Au programme, chocolat, deux champagnes, deux bières, un peignoir, le journal "Ta gueule", du nougat et des pulls.
Un bon résumé de ce qui m'attends pour noël, des cadeaux et la nostalgie (apparemment) chronique des étudiants étrangers le soir de Santa-san (le père N.)
Enfin, j'avais quand même besoin des pulls et du peignoir. En fait, je ne sais pas vers quelle température on peut descendre sur le thermomètre dans ma chambre le soir et le matin, mais mon compatriote m'a dit que dans la sienne on atteint le climat tropical extraordinaire de 6°C. Vu ma tremblote, j'imagine que la mienne ne doit pas être très différente, ça me rappelle les grands moments d'économie de la colocation.
Fallait savoir que les maisons japonaises sont très mal isolées et que l'énergie étant beaucoup trop chère, il n'existe que peu de chauffage central et surtout quelques accessoires du type petit radiateur et couverture chauffante... Loin d'être suffisant.
Ce climat hivernal, qui me pique les doigts au moment où j'écris, trouvera donc une petite entrave dans toutes ces nouvelles affaires. Je suis maintenant ici depuis 3 mois, et les vacances approchant le tout ne va faire que de s'accélérer. Dommage Japon, je t'aimais bien ! Et oui comment ne pas penser au retour, et surtout à l'énigme principale : comment vais-je tout faire rentrer dans la valise ? Mon compatriote et moi sommes déjà en train de nous extasier à l'idée des vacances et vers quelle partie encore inexplorée du Japon nous allons nous aventurer.
Des questions lointaines qui se rapprochent ? C'est peut-être moi qui m'écarte d'un quotidien froid et fait d'une routine grammaticalement japonaise.
Que personne ne se méprenne. J'étais encore en train de rêver à ma condition actuelle en mangeant des sushis, assis sur un banc en contemplant Kobe et ses montagnes sur le toit d'un immeuble. A ce moment, un vieux est venu me parler, j'ai pas tout compris mais j'ai quand même réussi à échanger un peu, drôle de sensation. Il a conclu par un fameux "Gambatte kudasai" (fais de ton mieux, en gros), une expression utilisée quotidiennement par les Japonais et qui pour le coup convenait parfaitement à cette période de pré-nostalgie et de doutes sur mon Japonais, qui bien sûr pas encore à la hauteur de mes ambitions. Une apparition salutaire improbable, moi qui ait toujours tendance à voir les Japonais comme plutôt réfractaire au contact, ils sont capables de se doter de la gentillesse la plus désintéressée en très peu de temps... Fascinant et tellement agréable.
Ce petit goût de France que je vais distribuer par petits bouts aux Japonais, j'en avais bien besoin.
Voilà, pour résumer, on a entamé le mois de Décembre !
Au programme, chocolat, deux champagnes, deux bières, un peignoir, le journal "Ta gueule", du nougat et des pulls.
Un bon résumé de ce qui m'attends pour noël, des cadeaux et la nostalgie (apparemment) chronique des étudiants étrangers le soir de Santa-san (le père N.)
Enfin, j'avais quand même besoin des pulls et du peignoir. En fait, je ne sais pas vers quelle température on peut descendre sur le thermomètre dans ma chambre le soir et le matin, mais mon compatriote m'a dit que dans la sienne on atteint le climat tropical extraordinaire de 6°C. Vu ma tremblote, j'imagine que la mienne ne doit pas être très différente, ça me rappelle les grands moments d'économie de la colocation.
Fallait savoir que les maisons japonaises sont très mal isolées et que l'énergie étant beaucoup trop chère, il n'existe que peu de chauffage central et surtout quelques accessoires du type petit radiateur et couverture chauffante... Loin d'être suffisant.
Ce climat hivernal, qui me pique les doigts au moment où j'écris, trouvera donc une petite entrave dans toutes ces nouvelles affaires. Je suis maintenant ici depuis 3 mois, et les vacances approchant le tout ne va faire que de s'accélérer. Dommage Japon, je t'aimais bien ! Et oui comment ne pas penser au retour, et surtout à l'énigme principale : comment vais-je tout faire rentrer dans la valise ? Mon compatriote et moi sommes déjà en train de nous extasier à l'idée des vacances et vers quelle partie encore inexplorée du Japon nous allons nous aventurer.
Des questions lointaines qui se rapprochent ? C'est peut-être moi qui m'écarte d'un quotidien froid et fait d'une routine grammaticalement japonaise.
Que personne ne se méprenne. J'étais encore en train de rêver à ma condition actuelle en mangeant des sushis, assis sur un banc en contemplant Kobe et ses montagnes sur le toit d'un immeuble. A ce moment, un vieux est venu me parler, j'ai pas tout compris mais j'ai quand même réussi à échanger un peu, drôle de sensation. Il a conclu par un fameux "Gambatte kudasai" (fais de ton mieux, en gros), une expression utilisée quotidiennement par les Japonais et qui pour le coup convenait parfaitement à cette période de pré-nostalgie et de doutes sur mon Japonais, qui bien sûr pas encore à la hauteur de mes ambitions. Une apparition salutaire improbable, moi qui ait toujours tendance à voir les Japonais comme plutôt réfractaire au contact, ils sont capables de se doter de la gentillesse la plus désintéressée en très peu de temps... Fascinant et tellement agréable.
Ce petit goût de France que je vais distribuer par petits bouts aux Japonais, j'en avais bien besoin.
Voilà, pour résumer, on a entamé le mois de Décembre !
dimanche 11 décembre 2011
Sécuritaire ou sécurisant ?
L'obsession de l'insécurité dans ce pays est grande. Notamment par l'omniprésence des "gardes" de sécurité (vieux et à l'air inoffensif), les caméras, les anti-vols et surtout les discours parfaitement naturels sur le nombre de voleurs à la tire, les Chinois qui volent les boutiques, le vol de vélo etc.
La plupart du temps, fantasmes sécuritaires, amenant donc à la création d'un environnement ultra-sécurisant (dont je n'aurai pas fini de mettre des affiche sur le blog) lui même reflétant la peur de l'insécurité.
Bon, toute cette mécanisme complexe de fantasmes, de pratiques, de peurs, de normes pour aboutir à un environnement ultra-sécurisé mais peuplé de Japonais qui ont souvent "peurs". Mais ont-ils le sentiment de vivre dans l'insécurité ? (ce qui serait vraiment le comble). Je le saurai peut-être plus tard....
En attendant, voilà un exemple de ce que j'appelle l'ultra-sécurité : le range-parapluie avec numéro et clé.
La plupart du temps, fantasmes sécuritaires, amenant donc à la création d'un environnement ultra-sécurisant (dont je n'aurai pas fini de mettre des affiche sur le blog) lui même reflétant la peur de l'insécurité.
Bon, toute cette mécanisme complexe de fantasmes, de pratiques, de peurs, de normes pour aboutir à un environnement ultra-sécurisé mais peuplé de Japonais qui ont souvent "peurs". Mais ont-ils le sentiment de vivre dans l'insécurité ? (ce qui serait vraiment le comble). Je le saurai peut-être plus tard....
En attendant, voilà un exemple de ce que j'appelle l'ultra-sécurité : le range-parapluie avec numéro et clé.
mardi 6 décembre 2011
Kyoto, les flammes d'automne
Voici donc les photos du 24 novembre, journée mémorable où je me suis baladé en kimono avec nos amis japonais. Ma plus belle journée depuis que je suis arrivé ici et donc elle ne sera pas facile à résumer dans un petit article. Je ne peux ni décrire la sensation unique qui m'a soutenue toute la journée, ni bêtement le programme (ce serait dommage).
Drôle de sensation de porter La tenue qui fait penser au Japon, déjà c'est franchement beau. Ensuite, c'est un peu lourd, et assorti au Geta (sandales) ça devient hazukashii (embarrassant, un peu honteux) comme l'on dit eux même nos amis qui faisaient, comme nous, leur baptême. Pour autant, la plupart des Japonais qui vous croisent avec un kimono, bon tout le monde vous regardent évidemment, trouvent ça sympa et l'accueille vraiment bien. On les sent entre fiers et envieux, puisque le kimono n'est maintenant porté que pour des occasions très spéciales. Moi qui m'attendais à des regards un peu moqueurs... et de toute façon au bout de quelques heures plus rien ne vous atteint tellement l'expérience est prenante.
Nous avons été traités comme des princes avec un plan qui nous a permis de voir quelques uns des plus beau sites de la ville, le tout en mangeant dans un restaurant ambiancé traditionnel (plutôt même simplement traditionnel).
Les Japonais sont de grands contemplateurs de leur environnement. En automne, ce sont les momiji (ces arbres qui deviennent rouges) qu'il faut venir voir à Kyoto. De réputation impressionnante, les momiji méritent bien tant d'attention puisqu'ils ont transformé la ville que j'étais venu découvrir il y a trois ans.
La nuit étant bien sûr le moment le plus impressionnant, avec des éclairages bien choisis, les momijis explosent et donnent une étrange impression de ville qui brûle.
Le kyomizudera (temple suspendu) brillant dans cette forêt de flammes était un souvenir qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.
Kyoto en automne c'est une ville prise dans les flammes, qui renaît de ses cendres chaque année, peut-être depuis toujours comme le célèbre jardin zen qu'elle accueille. Impression d'éternité dans une ville dont je me rappelle qu'elle a failli être la cible du largage de la Bombe...
Drôle de sensation de porter La tenue qui fait penser au Japon, déjà c'est franchement beau. Ensuite, c'est un peu lourd, et assorti au Geta (sandales) ça devient hazukashii (embarrassant, un peu honteux) comme l'on dit eux même nos amis qui faisaient, comme nous, leur baptême. Pour autant, la plupart des Japonais qui vous croisent avec un kimono, bon tout le monde vous regardent évidemment, trouvent ça sympa et l'accueille vraiment bien. On les sent entre fiers et envieux, puisque le kimono n'est maintenant porté que pour des occasions très spéciales. Moi qui m'attendais à des regards un peu moqueurs... et de toute façon au bout de quelques heures plus rien ne vous atteint tellement l'expérience est prenante.
Nous avons été traités comme des princes avec un plan qui nous a permis de voir quelques uns des plus beau sites de la ville, le tout en mangeant dans un restaurant ambiancé traditionnel (plutôt même simplement traditionnel).
Les Japonais sont de grands contemplateurs de leur environnement. En automne, ce sont les momiji (ces arbres qui deviennent rouges) qu'il faut venir voir à Kyoto. De réputation impressionnante, les momiji méritent bien tant d'attention puisqu'ils ont transformé la ville que j'étais venu découvrir il y a trois ans.
La nuit étant bien sûr le moment le plus impressionnant, avec des éclairages bien choisis, les momijis explosent et donnent une étrange impression de ville qui brûle.
Le kyomizudera (temple suspendu) brillant dans cette forêt de flammes était un souvenir qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.
Kyoto en automne c'est une ville prise dans les flammes, qui renaît de ses cendres chaque année, peut-être depuis toujours comme le célèbre jardin zen qu'elle accueille. Impression d'éternité dans une ville dont je me rappelle qu'elle a failli être la cible du largage de la Bombe...
lundi 5 décembre 2011
Sex-Train
Je me rappelle le scandale de la piscine avec horaires réservées aux femmes. On ne sait d'ailleurs pas si cela était vérifié ou non, mais on se rappelle les ébats de ceux qui se disaient "laïques" et qui combattaient une "avancée de l'islam radical en France".
En fait au Japon il existe des wagons de train réservés aux femmes (un wagon par train mais pas toutes les compagnies et pas toutes les lignes). Pourquoi ? Pour éviter les "chikan", ou "attouchements" en Français.
Phénomène apparemment répandu, le fait qu'un homme touche une femme, profitant donc d'un train bondé, le chikan est sévèrement puni par la loi. La femme touchée doit lever la main et crier "chikan", comme nous l'ont expliqué le staff des relations internationales de la fac au début de l'année.
Un impératif d'efficacité ou alors une bizarrerie japonaise a donc produit ces wagons, qui, peut-être provoqueraient de drôles de discussions en France.
Quoi qu'il en soit, il m'est arrivé plusieurs fois de voir des hommes voyager tranquillement dans ce type de wagon... Peut-être ceux-ci sont-ils victimes des "chijo" (équivalent féminin du chikan) ?
En fait au Japon il existe des wagons de train réservés aux femmes (un wagon par train mais pas toutes les compagnies et pas toutes les lignes). Pourquoi ? Pour éviter les "chikan", ou "attouchements" en Français.
Phénomène apparemment répandu, le fait qu'un homme touche une femme, profitant donc d'un train bondé, le chikan est sévèrement puni par la loi. La femme touchée doit lever la main et crier "chikan", comme nous l'ont expliqué le staff des relations internationales de la fac au début de l'année.
Un impératif d'efficacité ou alors une bizarrerie japonaise a donc produit ces wagons, qui, peut-être provoqueraient de drôles de discussions en France.
Quoi qu'il en soit, il m'est arrivé plusieurs fois de voir des hommes voyager tranquillement dans ce type de wagon... Peut-être ceux-ci sont-ils victimes des "chijo" (équivalent féminin du chikan) ?
jeudi 1 décembre 2011
Le mot magique
Magique parce qu'incanté seulement dans certaines circonstances. La rencontre avec l'étranger, malgré les apparences, n'est jamais un moment anodin pour un Japonais.
Si vous lui rendez un petit service, que vous ramassez quelque chose qu'il a fait tombé ou n'importe quoi, il vous dira "sanke you" (thank you).
"Thank you" c'est le mot magique, même quand on tente de les aborder en Japonais, dans beaucoup de situations et avec beaucoup de personnes différentes, dès qu'elles verront à qui elles ont à faire : "sanke you".
Si vous lui rendez un petit service, que vous ramassez quelque chose qu'il a fait tombé ou n'importe quoi, il vous dira "sanke you" (thank you).
"Thank you" c'est le mot magique, même quand on tente de les aborder en Japonais, dans beaucoup de situations et avec beaucoup de personnes différentes, dès qu'elles verront à qui elles ont à faire : "sanke you".
mardi 29 novembre 2011
Emploi fictif
Un contraste amusant avec la philosophie japonaise du "chacun à sa place" est la présence des agents de sécurité (différents des policiers donc). Ceux-ci traînent un peu partout dans la ville, mais c'est une population qui vit au plus près des chantiers et écoles.
En fait, une autre observation que j'aimerai aborder concerne l'enfantillage chez les Japonais, mais quels faits y contribuent ? Peut-être cette infantilisation dominante (qui me pousse à prendre en photo chaque signalétique) qui peut s'observer objectivement dans chaque situation et surtout au quotidien. Les Japonais, que l'on imagine globalement plutôt sérieux (jamais en retard, c'est vrai), vivant dans un monde à part et parfaitement organisé (la société de service exemplaire). Pourtant, j'ai remarqué l'inefficacité parfois rageante de certaines situations, celles qui sortent du cadre de la règle, et l’irrationalité amusante des agents de sécurité vaut le détour.
Qui sont-ils ? Des hommes (plus rarement des femmes) en uniforme décoré (de toutes sortes) mais sobre, qui veille à éviter les "accidents". L'accident est vraiment quelque chose à ne pas prendre à la légère et comprend aussi tout ce qui relève de l'organisation (accident au sens d'imprévu donc). On ne sait pas vraiment si l'on est forcé de leur obéir (ceux qui font la circulation dans la fac, oui.), d'où sort leur légitimité... Ils sont là à veiller au grain, et prennent leur mission très au sérieux.
Quelques exemples, ce sont eux qui :
- font traverser la rue dans la fac, pour ne pas que les voitures ne nous écrasent (ça me rappelle les sorties en primaire)
- patrouillent dans la bibliothèque, en général pour veiller au respect des règles (pas de boissons, pas trop de bruit...)
- se tiennent devant les chantiers pour faire circuler les piétons (agiter le bras et regarder s'il y a des voitures, ou mieux vous demander de bien vous ranger sur la gauche en marchant pour ne pas trop s'approcher du chantier)
- rangent les vélos dans la rue (en les mettant bien droit les uns à côté des autres)
- surveillent le déchargement des camions dans les stocks des magasins (en se tenant au milieu de la rue pour avertir les voitures)
- se tiennent debout à certains endroits (oui je n'ai vraiment pas pu deviner leur rôle)
- permettent la séparation entre la file de gauche et la file de droite à l'entrée de l'escalier de certaines gares (aux heures de pointes, oui)
- aident les voitures à tourner dans une rue jugée délicate
- aident les voitures à rentrer dans certains parkings
- surveillent les parkings à vélos (vélos qui sont déjà surveillés par des caméras, protégés par anti-vol et attachés à la machine du parking, oui simultanément)
C'est tout ce qui me vient en tête là tout de suite mais j'oublie certainement d'autres affections, comme quoi j'ai peut-être fini par les banaliser moi aussi...
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| Enfin un panneau que je peux lire : "Comme c'est dangereux, interdit d'entrer"... Éloquent |
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